31/01/2010
The Black Angels + Wolfmother, Paris, Le Bataclan, 25 janvier 2010
Publié par Flavien Giraud le 31.1.10Ras la gueule le Bataclan ! Sold-out depuis plus d’un mois. Il faut dire que l’affiche avait de quoi semer le trouble, et les fans parisiens du groupe psychédélique chargé d’ouvrir sur cette tournée sont venus se mêler à la masse remuante réunie par les nouveaux prophètes hard rock de Wolfmother.
Pour la nouvelle mouture de son groupe, l’Australien s’est entouré d’une fine équipe de mercenaires dévoués à son sacro-saint boucan, et a même réussi à dénicher le dénommé Ian Peres, un bassiste petit format possédant le même mouton noir posé sur la tête. Et celui-ci lui volerait presque la vedette, entre ses parties de basse virevoltantes et ses passages à l’orgue électrique qu’il moleste comme un frapadingue. Derrière eux, le corpulent batteur meule tout en énergie et head-banging. Plus discret le second guitariste assure des soubassements sans faille et permet au leader toutes les folies.
F.G.
Setlists par Céline M. :
THE BLACK ANGELS : You On The Run / Mission District / Black Grease / Yellow Elevator* / Telephone* / Science Killer / Bad Vibrations* / The First Vietnamese War / The Sniper At The Gates Of Heaven / Young Men Dead / Entrance* / The Haunting At 1300* / Bloodhounds On My Trail
* new songs
WOLFMOTHER : Dimension / Cosmic Egg / California Queen / New Moon Rising / Woman / White Unicorn /
Libellés : The Black Angels, Wolfmother
13/01/2009
On ne se lasse pas de le répéter, les Black Angels sont un des trucs les plus hallucinants (hallucinogènes ?) de ce début de siècle. La question étant maintenant de savoir, quelque six mois après leur précédent concert parisien, où en sont les cinq Texans, et comment leurs « trips » musicaux supportent le passage du petit club intime de la Maroquinerie au grand Élysée Montmartre.
La comparaison entre les deux shows est d’autant plus inévitable que ce sont à nouveau les Molly’s qui sont en première ligne. Et sans faire pâle figure : force est de reconnaître que ce quatuor s’en sort honorablement et prouve qu’une alternative est possible dans nos contrées fromagères. Le guitariste joue les bellâtres souples, impliqué mais appliqué sur sa guitare Burns, le chanteur à la Telecaster n’en fait pas des caisses et la section rythmique assure l’assise avec la discrétion consacrée. La seule ombre qui plane sur le groupe est celle du Black Rebel Motorcycle Club, jamais très loin, jusque sous la capuche du chanteur : on a parfois l’impression de découvrir des faces B du trio américain, interprétées par un tribute band… Il y a pire me direz-vous…
Photo : Florian Garcia
A l’heure où débarquent les troupes d’Austin, la salle a fini de se remplir, signe que la rumeur – ou tout simplement la musique – a fait son chemin… Puisque l’Amérique de Bush s’est enlisée dans un second Vietnam, les Black Angels ont pris les armes pour une sainte guerre psychédélique. Le contingent n’a pas changé : Alex Maas, en barbu cheminot, la tête enfoncée dans sa casquette, est toujours ce sombre prédicateur, avec maracas et tambourin en guise de sceptres. Christian Bland apparaît comme un fin stratège, architecte sonore de l’apocalypse avec sa Rickenbacker ; Nate Ryan et Kyle Hunt sont de redoutables et indispensables mercenaires embusqués, et Stephanie Bailey, une brute sauvage fantasmagorique à la chevelure d’or, créature diabolique déchaînant le tonnerre des tambours guerriers. Parfois, dans le halo de lumière qui l’entoure, on ne sait plus très bien si la fumée est artificielle ou si elle n’émane pas de ce corps tendu, aux mouvements amples et percutants.
Photo : Florian Garcia
D’entrée c’est la prise de risque : on ose un nouveau titre, avant de retomber sur Mission District et de poursuivre les opérations. Les désormais incontournables Black Grease, Better Off Alone, Science Killer, sont naturellement au programme, comme autant d’évidents hymnes souterrains. Et toujours cette incommensurable propension à produire un rouleau compresseur sonique, monolithique, vrombissant et strident à la fois. Et comment ceux-là pourraient-ils s’ennuyer ? Les instruments passent sans cesse de mains en mains : en une heure et demie, on aura vu Stephanie tabasser sa batterie et en venir à bout, réajuster en conséquence – et en même temps qu’elle joue ! – ses pieds de cymbales défaillants sous ses coups, matraquer le fameux tom basse toujours présent en complément et enfin enfourcher la basse de ses petits camarades, Nate passant aisément, au besoin, de la basse à la guitare puis derrière les fûts lorsque Stephanie n’y est plus ; on aura vu Kyle sur un clavier, à la guitare, à la basse et aux percussions, Christian tenir la guitare mais aussi la basse, et finir à la batterie ; Alex tantôt au tambourin, tantôt à la basse, tantôt aux maracas, tantôt à l’orgue distordu, ainsi qu’à la guitare, vous suivez ? Impressionnants.
Si le groupe ne semblait pas avoir complètement ses marques en début de concert, on assiste à une véritable montée en puissance. Sur You On The Run, ce ne sont pas moins de quatre guitares qui font littéralement exploser la chanson, et alors qu’on croit avoir tout vu, une nouvelle composition des plus prometteuses vient faire son petit effet : River Of Blood.
En rappel, Manipulation retentit, chantée en alternance par Christian et Alex, avant de laisser place à Never/Ever en guise de final. Le groupe quitte la scène, et Alex Maas reste seul derrière son orgue pour quelques derniers instants. Mais couvre-feu de l’Elysée Montmartre oblige, le concert n’ira malheureusement pas plus loin. Après cette nouvelle séance d’hypnose collective, certains seraient prêts à parier leur chemise humide de sueur que les Black Angels sont l’avenir du rock, ici et maintenant.
F.G.
SETLIST
Bad Vibrations
Mission District
Black Grease
Sniper At The Gates Of Heaven
Better Off Alone
Haunting
Science Killer
Dhir Rishi (Deer Ree-Shee)
Young Men Dead
You On The Run
River Of Blood
You In Color
Rappel :
Manipulation
Never / Ever
(Thanks to Stephanie)
Photo : Florian Garcia
Libellés : The Black Angels
13/08/2008
Flash-back : 1er mars 2007, nous sommes au concert des Black Keys à la Cigale. En ouverture, le public assiste médusé à la première prestation française d’une formation d’Austin, Texas, encore inconnue, mais au patronyme éminemment prometteur : The Black Angels… Une révélation. Depuis, Myspace et le Net ont fait leur office, l’excellent album « Passover » a atterri dans les bacs des meilleurs disquaires (disq-quoi ?) et alimenté les discussions les plus enflammées des accros au rock psychédélique d’aujourd’hui qui, décidément, se porte plutôt bien.
Un an plus tard, fin mars 2008, la rumeur d’un deuxième album se confirme (déjà !) : circulation des premiers titres, et annonce d’un concert, unique en France, le 9 mai, à la Maroquinerie donc.
La Maroquinerie : petit club à taille humaine mais température animale. Après une première partie assurée par les Molly’s, venus d’Amiens, le quintette fait son entrée devant un public d’initiés : des « vieux de la vieille », des jeunes arborant fièrement (à défaut de leur autorisation parentale) des t-shirts à l’effigie du Brian Jonestown Massacre ou du Black Rebel Motorcycle Club, et même une jeune hippie couronnée de fleurs blanches, et j’en passe. Un public rock en somme. Public de fans, conquis d’avance, pas là par hasard.
Pas de flottement : le groupe entre directement dans le vif du sujet et ne laissera pas le moindre répit durant une heure et demie, tout en puissance et intensité. Derrière la batterie, Stephanie Bailey martèle ses fûts avec une conviction sans faille : rythmiques lourdes, plombées, tribales. La blonde amazone est l’ange noir du groupe qui tient les rênes et apporte un supplément de moiteur érotique et sulfureuse.
Autour d’elle, les quatre autres musiciens tissent un rock hypnotique, apocalyptique, s’échangeant régulièrement les rôles derrière les guitares électriques, basses et autres claviers triturés d’effets. Sur la gauche de la scène, le guitariste Christian Bland torture avec application sa Rickenbaker, noyée de delay, tout en wah-wah hurlante et riffs sinueux. Non moins efficaces, Nate Ryan et Kyle Hunt assurent, de l’autre côté de la scène, une assise sonore ample, grondante, entêtante.
Alex Maas, le chanteur, assume quant à lui pleinement son rôle de frontman, avec désinvolture, sans pour autant tirer la couverture à lui. Chemise à carreaux, une casquette de gavroche vissée sur les yeux et la barbe lui dévorant le visage, il délivre un chant incantatoire, monocorde, imbibé de reverb, et ponctué de cris éructés à la manière d’un shaman. On pense bien sûr à Jim Morrison… Tantôt avec son indispensable tambourin, tantôt aux maracas, parfois derrière un vieux clavier italien sur lequel sont amoncelées diverses pédales d’effets, il prend pleinement part à l’élaboration de plages instrumentales violemment organiques.
Photo : Florian Garcia
Après avoir arpenté les deux albums et leurs titres les plus lancinants (Young Men Dead, Manipulation, Science Killer,…), les Black Angels vont clore le show par deux rappels avant de s’approprier I Wanna Be Your Dog des Stooges dans une version rampante et rugueuse, tortueuse et étirée... Hagard, le public se résigne finalement à regagner la surface, ivre de cette morsure de venin ardent.
Libellés : The Black Angels





